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Honorer la mère

2019 je reviens d’une semaine de formation auprès de doulas et j’ai noté quelques lignes que j’ai envie de partager aujourd’hui avec vous…

Je reviens remplie d’amour, nourrie, reliée et reconnue en tant que femme et mère.

Les larmes ont coulées. Pas des larmes de surface, les larmes qui viennent des profondeurs, là où se trouve le trésor de l’humanité: la vulnérabilité.

Ce qui était enfouit trouve ici un espace pour être entendu, accueilli.

J’ai porté la vie trois fois. J’ai mis au monde trois bébés. J’ai materné trois enfants. Les femmes enfantent et élèvent depuis toujours, c’est aussi banal qu’extraordinaire. Ces moments de ma vie de femme et de mère sont faits de grâce, de doutes et d’ambivalence aussi parfois.

J’ai allaité, veillé, bercé, porté en moi puis contre moi, des heures, des mois, cajolé, consolé, nourri, baigné, pris soin encore et encore, répété les gestes, les mots mille fois, au delà de ce que je savais possible.

J’ai veillé à leur sécurité physique, émotionnelle, affective.

Je les accompagne depuis leur naissance à être ce qu’ils sont, en faisant de mon mieux, avec ma fatigue, mes limites, mes hauts, mes bas, mes émotions, mon humanité, mon besoin d’espace, de silence, de soutien, de reconnaissance.

Je croyais me connaître en réalité je ne savais presque rien de moi avant d’être mère. Je ne connaissais pas mes forces, ma puissance, mes ressources, mon courage, mon engagement, mes trésors personnels avant eux.

Je m’engage à m’honorer. A honorer la femme, la mère que je suis. Honorer et valoriser ma présence et chaque geste minuscule fait avec amour, qui accolé à un autre, puis un autre encore et encore compose la vie quotidienne, ordinaire, extraordinaire.

Le bonheur se trouve dans le regard que je porte sur la vie, sur mes enfants, sur moi, sur les mères, les pères, enfants de demain, sur ce que je n’ai de cesse de donner.

Mon bonheur se trouve dans leurs cous, l’odeur de leurs cheveux, leurs sourires, leurs je t’aime, les miens, leurs premières fois, leurs colères, mes larmes, mon impuissance et mon désespoir que j’accueille, dans leurs dessins, la rondeur de leurs joues, leur petite main dans la grande mienne, leur besoin d’être collés à moi, le frigo qui se vide aussi vite que la panière de linge se remplit.

J’offre à ma famille ce que j’ai de plus précieux: mon amour et mon temps.

Les mères sont grandioses. Nous manifestons le nouveau paradigme par notre présence, par chacun de nos gestes, par la reconnaissance de notre puissance que nous nous offrons mutuellement entre femmes (mères ou non) et qui rayonne au delà de nous. Cette écoute active et cet accueil qui transmutent sont de précieux cadeaux. Nous n’avons pas besoin de conseils non sollicités pour aimer, nous avons besoin d’être entendues, valorisées dans nos compétences, honorées, respectées.

Femmes, mères, nous semons les graines d’un monde nouveau qui fleurissent dans les cœurs et les consciences, à commencer par les nôtres.

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Les besoins affectifs de la femme qui devient mère

S’il y a une dimension particulière à considérer pendant la grossesse, à la naissance et en postnatal c’est la dimension affective et émotionnelle qui impacte le lien d’attachement.

La grossesse est une période de grands bouleversements, physiques et psychiques.

Durant cette période la future mère peut ressentir besoin de s’éloigner des personnes toxiques, voire même de se mettre dans sa bulle pour vivre sereinement sa grossesse.

Peut être le besoin sera de se relier à d’autres femmes enceintes, ou d’autres mères qui offriront un partage d’expériences soutenant.

Peut être aussi que la femme, l’homme, le couple auront envie d’être accompagnés par une doula pour vivre cette expérience initiatique de parentalité, pour parler librement de ce qui les anime, les traverse.

En complément d’un suivi médical déjà en place, la doula offrira cet espace d’écoute inconditionnel si précieux, avec l’authenticité d’une relation horizontale, de cœur à cœur tout en accompagnant les parents pour qu’ils fassent leurs propres choix de façon autonome et éclairée, pour qu’ils soient acteurs de leur parentalité.

Peut être la future maman va-t-elle réfléchir avec son partenaire à un projet de naissance pour définir ce qu’ils souhaitent pour accueillir leur bébé et ce qui est important pour elle, pour eux, en fonction de la singularité de ce qu’ils vivent.

La femme enceinte n’a pas besoin de conseils non sollicités venus de toute part.

Elle a besoin d’information pour choisir elle même, avec son partenaire, ce qui est juste pour elle, pour eux. Elle a besoin d’être au centre et d’entrer dans sa pleine puissance. Elle a besoin d’être écoutée, entendue et se sentir de respectée. Elle a besoin que son ressenti, son intuition soient accueillis.

Lors de l’accouchement il est primodial que les besoins émotionnels et affectifs soient pris en compte, le sentiment de sécurité est fondamental dans le processus physiologique d’enfantement.

La femme qui accouche a avant tout besoin d’intimité pour se sentir en sécurité, rassurée et sécréter l’ocytocine (l’hormone de l’amour) nécessaire à la naissance.

Certaines peurs peuvent alors ressurgir du passé ou émerger autour de l’accouchement (peur de mourir par exemple) et auront besoin d’être déposées au moment où elles se présentent.

Même lorsque tout se passe bien, la femme qui enfante a besoin d’être encouragée, de savoir que ce qu’elle vit est normal. Elle peut avoir besoin qu’on lui rappelle verbalement ou non (avec un regard, par le toucher) selon ses préférences qu’elle a la force en elle pour vivre cette expérience initiatique. Elle a besoin d’être accompagnée et soutenue sans être infantilisée ni dépossédée de son expérience.

Enfanter est un acte universel et singulier. Les femmes accouchent depuis la nuit des temps et en même temps la femme qui enfante ce bébé là est la seule à vivre cette expérience d’empuissancement inédite.

Après l’accouchement vient la phase de tissage des liens entre la mère et son bébé. Cela peut être immédiatement fort ou se créer dans le temps. Si certains facteurs favorisent le lien d’attachement précoce, il n’y a pas de modèle type de tissage de famille.

La naissance d’un enfant c’est aussi la naissance d’une mère, d’un père, d’une famille. La femme a souvent besoin de raconter son accouchement, à son ressenti à elle. Peut être aura-t-elle l’envie d’écrire son histoire.

Alors que l’attention est maintenant tournée vers le bébé, la femme qui devient mère a besoin d’être soutenue, qu’on prenne soin d’elle avec considération, pour qu’elle puisse à son tour prendre soin de son bébé.

Le post natal est une période, qui se prépare avant la naissance notamment pour que la logistique et le repos soient facilités et que le mois d’or, cet espace hors du temps, soit au service du lien d’attachement et propice à la régénération physique.

La femme qui a accouché vient de vivre une expérience transcendante et elle a besoin qu’on porte sur elle un regard bienveillant qui valorise sa compétence de mère mais aussi d’attentions dédiées à ses besoins pour refaire des forces et revenir de cet espace aussi particulier qu’extraordinaire qu’est le vortex de naissance.

La femme qui devient mère a avant tout besoin de respect, d’écoute pour accéder à ses propres solutions, elle a besoin d’humanité, en un mot…d’amour.