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Naissance respectée

C’est la semaine mondiale de la naissance respectée.

En tant que femme, mère et doula c’est un sujet qui me touche parce que chaque femme qui enfante devrait pouvoir se sentir respectée dans ce moment si intime et puissant de sa vie.

Une naissance est respectée lorsque la femme qui enfante se sent respectée, c’est à dire écoutée, entendue et soutenue, quelque soit le lieu et les circonstances dans lesquels se déroulent la naissance, que ce soit lors d’un AAD (accouchement à domicile), un enfantement en maison de naissance, à la maternité pour une naissance avec ou sans préri ou encore une césarienne entourée d’humanité (oui c’est possible!).

Une naissance respectée n’est pas un enfantement idéalisé, c’est une naissance entourée de bienveillance.

La doula en tant que femme ressource informe les parents, elle est présente aux côtés des femmes, des couples en complément du suivi médical et favorise par sa présence un environnement propice au processus de naissance.

De plus, à travers l’écoute active, elle est là pour accueillir les émotions qui émergent pendant la grossesse et en postnatal, et la possibilité de se déposer et d’être écoutée et entendue peut tout changer.

A lire pour aller plus loin: Grandir autrement propose une série d’articles avec différents angles de vue sur le sujet de la naissance respectée

Vie de doula

Résilience, créativité & humanité

Cette période de confinement a été source pour moi de résilience, de créativité, de grande richesse intérieure en acceptant de vivre cette proposition comme une possibilité unique d’introspection.

Ces dernières semaines, mon quotidien à Batz sur mer a été fait de simplicité, d’observation de la beauté du vivant qui m’entoure.

Cette observation, complétée par des lectures ( ma bibliothèque s’étoffe) se porte sur la parentalité et offre de nouvelles perspectives de transmissions possibles pour les parents que j’accompagne.

La productivité laisse encore plus de place à la créativité, une posture basée sur l’élan du cœur, des tripes, où le mental n’est plus aux manettes en permanence parce que l’élan d’être et de vivre ce qui fait sens est au premier plan.

La créativité a une place centrale et rayonne dans ma vie dans la matière à travers différents supports et de façon plus subtile en étant en lien avec les autres, à travers ma façon de prendre soin de ceux qui m’entourent, en instaurant un environnement favorable et sécure où le potentiel humain se déploie simplement parce que c’est sa nature.

Cela est intimement lié à ma vocation de doula où être présente pour les mères, les couples, pendant la grossesse, à la naissance et en postnatal est ma façon de contribuer à cette humanité que je souhaite libre de ses choix avec la possibilité d’être informée et accompagnée en ce sens, parce que chaque femme, chaque famille possède en elle ses propres ressources.

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Honorer la mère

2019 je reviens d’une semaine de formation auprès de doulas et j’ai noté quelques lignes que j’ai envie de partager aujourd’hui avec vous…

Je reviens remplie d’amour, nourrie, reliée et reconnue en tant que femme et mère.

Les larmes ont coulées. Pas des larmes de surface, les larmes qui viennent des profondeurs, là où se trouve le trésor de l’humanité: la vulnérabilité.

Ce qui était enfouit trouve ici un espace pour être entendu, accueilli.

J’ai porté la vie trois fois. J’ai mis au monde trois bébés. J’ai materné trois enfants. Les femmes enfantent et élèvent depuis toujours, c’est aussi banal qu’extraordinaire. Ces moments de ma vie de femme et de mère sont faits de grâce, de doutes et d’ambivalence aussi parfois.

J’ai allaité, veillé, bercé, porté en moi puis contre moi, des heures, des mois, cajolé, consolé, nourri, baigné, pris soin encore et encore, répété les gestes, les mots mille fois, au delà de ce que je savais possible.

J’ai veillé à leur sécurité physique, émotionnelle, affective.

Je les accompagne depuis leur naissance à être ce qu’ils sont, en faisant de mon mieux, avec ma fatigue, mes limites, mes hauts, mes bas, mes émotions, mon humanité, mon besoin d’espace, de silence, de soutien, de reconnaissance.

Je croyais me connaître en réalité je ne savais presque rien de moi avant d’être mère. Je ne connaissais pas mes forces, ma puissance, mes ressources, mon courage, mon engagement, mes trésors personnels avant eux.

Je m’engage à m’honorer. A honorer la femme, la mère que je suis. Honorer et valoriser ma présence et chaque geste minuscule fait avec amour, qui accolé à un autre, puis un autre encore et encore compose la vie quotidienne, ordinaire, extraordinaire.

Le bonheur se trouve dans le regard que je porte sur la vie, sur mes enfants, sur moi, sur les mères, les pères, enfants de demain, sur ce que je n’ai de cesse de donner.

Mon bonheur se trouve dans leurs cous, l’odeur de leurs cheveux, leurs sourires, leurs je t’aime, les miens, leurs premières fois, leurs colères, mes larmes, mon impuissance et mon désespoir que j’accueille, dans leurs dessins, la rondeur de leurs joues, leur petite main dans la grande mienne, leur besoin d’être collés à moi, le frigo qui se vide aussi vite que la panière de linge se remplit.

J’offre à ma famille ce que j’ai de plus précieux: mon amour et mon temps.

Les mères sont grandioses. Nous manifestons le nouveau paradigme par notre présence, par chacun de nos gestes, par la reconnaissance de notre puissance que nous nous offrons mutuellement entre femmes (mères ou non) et qui rayonne au delà de nous. Cette écoute active et cet accueil qui transmutent sont de précieux cadeaux. Nous n’avons pas besoin de conseils non sollicités pour aimer, nous avons besoin d’être entendues, valorisées dans nos compétences, honorées, respectées.

Femmes, mères, nous semons les graines d’un monde nouveau qui fleurissent dans les cœurs et les consciences, à commencer par les nôtres.

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Les besoins affectifs de la femme qui devient mère

S’il y a une dimension particulière à considérer pendant la grossesse, à la naissance et en postnatal c’est la dimension affective et émotionnelle qui impacte le lien d’attachement.

La grossesse est une période de grands bouleversements, physiques et psychiques.

Durant cette période la future mère peut ressentir besoin de s’éloigner des personnes toxiques, voire même de se mettre dans sa bulle pour vivre sereinement sa grossesse.

Peut être le besoin sera de se relier à d’autres femmes enceintes, ou d’autres mères qui offriront un partage d’expériences soutenant.

Peut être aussi que la femme, l’homme, le couple auront envie d’être accompagnés par une doula pour vivre cette expérience initiatique de parentalité, pour parler librement de ce qui les anime, les traverse.

En complément d’un suivi médical déjà en place, la doula offrira cet espace d’écoute inconditionnel si précieux, avec l’authenticité d’une relation horizontale, de cœur à cœur tout en accompagnant les parents pour qu’ils fassent leurs propres choix de façon autonome et éclairée, pour qu’ils soient acteurs de leur parentalité.

Peut être la future maman va-t-elle réfléchir avec son partenaire à un projet de naissance pour définir ce qu’ils souhaitent pour accueillir leur bébé et ce qui est important pour elle, pour eux, en fonction de la singularité de ce qu’ils vivent.

La femme enceinte n’a pas besoin de conseils non sollicités venus de toute part.

Elle a besoin d’information pour choisir elle même, avec son partenaire, ce qui est juste pour elle, pour eux. Elle a besoin d’être au centre et d’entrer dans sa pleine puissance. Elle a besoin d’être écoutée, entendue et se sentir de respectée. Elle a besoin que son ressenti, son intuition soient accueillis.

Lors de l’accouchement il est primodial que les besoins émotionnels et affectifs soient pris en compte, le sentiment de sécurité est fondamental dans le processus physiologique d’enfantement.

La femme qui accouche a avant tout besoin d’intimité pour se sentir en sécurité, rassurée et sécréter l’ocytocine (l’hormone de l’amour) nécessaire à la naissance.

Certaines peurs peuvent alors ressurgir du passé ou émerger autour de l’accouchement (peur de mourir par exemple) et auront besoin d’être déposées au moment où elles se présentent.

Même lorsque tout se passe bien, la femme qui enfante a besoin d’être encouragée, de savoir que ce qu’elle vit est normal. Elle peut avoir besoin qu’on lui rappelle verbalement ou non (avec un regard, par le toucher) selon ses préférences qu’elle a la force en elle pour vivre cette expérience initiatique. Elle a besoin d’être accompagnée et soutenue sans être infantilisée ni dépossédée de son expérience.

Enfanter est un acte universel et singulier. Les femmes accouchent depuis la nuit des temps et en même temps la femme qui enfante ce bébé là est la seule à vivre cette expérience d’empuissancement inédite.

Après l’accouchement vient la phase de tissage des liens entre la mère et son bébé. Cela peut être immédiatement fort ou se créer dans le temps. Si certains facteurs favorisent le lien d’attachement précoce, il n’y a pas de modèle type de tissage de famille.

La naissance d’un enfant c’est aussi la naissance d’une mère, d’un père, d’une famille. La femme a souvent besoin de raconter son accouchement, à son ressenti à elle. Peut être aura-t-elle l’envie d’écrire son histoire.

Alors que l’attention est maintenant tournée vers le bébé, la femme qui devient mère a besoin d’être soutenue, qu’on prenne soin d’elle avec considération, pour qu’elle puisse à son tour prendre soin de son bébé.

Le post natal est une période, qui se prépare avant la naissance notamment pour que la logistique et le repos soient facilités et que le mois d’or, cet espace hors du temps, soit au service du lien d’attachement et propice à la régénération physique.

La femme qui a accouché vient de vivre une expérience transcendante et elle a besoin qu’on porte sur elle un regard bienveillant qui valorise sa compétence de mère mais aussi d’attentions dédiées à ses besoins pour refaire des forces et revenir de cet espace aussi particulier qu’extraordinaire qu’est le vortex de naissance.

La femme qui devient mère a avant tout besoin de respect, d’écoute pour accéder à ses propres solutions, elle a besoin d’humanité, en un mot…d’amour.

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Enchantement

J’ai vu Enchantement en juillet dernier accompagnée de deux doulas.

Ce conte documentaire sur la grossesse, l’accouchement et la maternité est une pépite.

On y voit aussi le Blessing way, cette si jolie cérémonie qui honore la future mère.

Allez voir la puissance d’une femme qui enfante accompagnée avec bienveillance et la douceur d’une naissance physiologique et respectée c’est sublime!

Livres

La naissance orgasmique

Pour ce premier article, j’ai envie de vous parler d’un livre puissant qui m’a accompagné lorsque j’attendais mon troisième enfant et qui m’a guidé sur mon chemin de doula.

Pour cette troisième grossesse, j’avais choisi de me concocter un programme de préparation à la naissance et au post natal holistique et sur mesure, en y incluant des lectures choisies et inspirantes.

La naissance orgasmique, Guide pour vivre une naissance sûre, satisfaisante et agréable écrit par Elizabeth Davis et Debra Pascali-Bonaro oeuvre assurément pour le nouveau paradigme des naissances!

Le livre est composé de deux parties: la première partie pratique, aborde la grossesse et offre de nombreuses et précieuses informations pour se préparer à l’accouchement en connaissance de cause.

Des témoignages et anecdotes complètent et illustrent la théorie.

La deuxième partie dédiée aux récits plus étoffés, de naissance.

Il y a aussi une belle bibliographie très fournie.

Cet ouvrage est une pépite qui offre un regard différent, ouvert, sans être irréaliste, sur la grossesse, la naissance, la puissance de la femme qui enfante.

Vivre l’accouchement comme une étape de vie initiatique où se mêlent confiance, fierté, puissance, satisfaction, quelle belle proposition faîte aux femmes et quelle source d’inspiration pour celles et ceux qui les accompagnent dans cette aventure.